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13/06/2006

DirectSoir, la menace gratuite ?

Le 6 Juin débarquait en France DirectSoir, un nouveau « gratuit » paraissant à partir de 17h avec pour objectif de divertir à la sortie des bureaux…ou faire avaler un maximum de publicités à des personnes fatiguées, c’est selon…

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Distribution du "nouveau quotidien du soir" aux abords de la gare StCharles



Curieusement, le lendemain paraissait le second-premier numéro de FranceSoir, version tabloïd, un autre quotidien du soir, payant, mais il semble que ce soit globalement la seule différence avec le « nouveau gratuit du soir ».



DirectSoir, c’est donc :


- Des pages clairsemées mêlant texte rédigé avec une taille police à la mesure des espaces abyssaux figurant entre les paragraphes.

- Des interviews « exclusives » - par téléphone - de personnalités de premier ordre telles que Abdou Diouf ou Arlette Laguiller, le tout en une poignée de questions éparpillées sur la page entre quatre photos 10x10.


- L’aboutissement d’un concept : le peoplelitique, avec à la Une du numéro 2, notre cher président revêtu du maillot de l’équipe de France et à celle du numéro 3, notre tout aussi cher ministre de l’intérieur, immortalisé en plein footing, le tout agrémenté du titre « Marathon Man ». Dommage pour le 4ème numéro, il semble qu’à Matignon on ait renoncé aux footings sur la plage…

- Des articles de fond aux problématiques complexes comme « Belles, belles, belles. Comment font-elles ? »


- Des citations de haut vol : « A 26 ans, on ne récupère pas aussi vite qu’à 17 ans. La fraîcheur entre en jeu » (Martina Hingis)


- Sans oublier les conseils télé, avec chaque soir, l’éloge du prime time de TF1 ou bien de M6, et parfois de France 2 pour ne pas faire trop suspect. Mais pourquoi un tel acharnement sur ces chaînes ?
Après quelques recherches, il apparaît que le Groupe Bolloré, détenteur du titre (qui a également commis la chaîne Direct8, figurant évidemment en bonne place dans le programme) est associé au groupe Euro Media Television, ensemblier technique pour, entre autres, Qui veut gagner des millions et Les enfants de la télé, et « réalise de nombreuses opérations spéciales basées sur la mise en œuvre de dispositifs […] de production et de transmission (type Koh Lanta, Opération Séduction, Millénium Iles Tonga Pacifique Sud). Il a pris pied dans la réal TV avec le Groupe ENDEMOL (Loft Story, Star Academy, Nice People) en gérant tant la partie immobilière que la conception technique et l'exploitation du dispositif » Source : www.euromediatelevision.fr

Etonnant non ? Ajouterait Monsieur Cyclopède...


- Le tout est imprimé au tampon encreur sur de l’essuie tout industriel. Fait étonnant lorsque l’on sait que les Bolloré sont, à la base, une famille de papetiers…



Quand « publication » rime avec « torchon » l'inquiétude peut nous gagner à propos de l'avenir de la presse écrite …



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Malgré la déferlante DirectSoir, Metro et 20minutes restent au dessus du lot

26/05/2006

Pour la liberté de la presse

Plutôt que de claquer vos euros dans les torchons habituels tels que Choc, Entrevue ou VSD, renoncez donc pour une fois à la littérature de plage. Cessez de desservir la photo pour aider le journalisme, en lachant 8€90 (reversés intégralement à l'organisation) pour le magazine (presque un livre d'ailleurs) de Reporters sans frontières en vente actuellement.

 

Un numéro consacré à Gilles Caron, photoreporter de génie disparu à 30 ans au Cambodge le 5 Avril 1970 après moins de 5 années d'exercice.

Près de 60 photos qui "parlent".

Du célèbre face à face de Daniel Cohn-Bendit avec un CRS devant la Sorbonne en Mai 68, à la bataille de Dak To en 1967, en passant par le meeting de Martin Luther King à Paris en 1966 et les pitreries de Marcel Marceau en 1969, l'oeuvre de Gilles Caron interpelle.

 

 S'en suit le triste état des lieux sur la liberté de la presse en 2006, région par région, rappelant que plus de 120 journalistes sont actuellement emprisonnés. A lire en priorité si jamais vous étiez pris de doutes quand à la pertinence de cet achat.

 

 

 

30/04/2006

Google Story

Cette semaine, c'est l'histoire de bien aimé moteur de recherche Google qui nous intéresse, avec un livre de deux journalistes du Washington Post, David A. Vise et Mark Malseed, édité chez Dunod. 320 p.

 

 

 

 Le pitch :

 Comment Google est-il devenu un géant du web en moins de 10 ans ? Comment une entreprise qui fournit gratuitement des réponses à des centaines de millions d’utilisateurs peut-elle générer un tel chiffre d’affaires ? Rédigé par deux journalistes d’investigation indépendants cet ouvrage nous dévoile l’histoire et le fonctionnement de cette entreprise pas comme les autres. Après l’avoir lu vous n’utiliserez plus jamais Google comme avant !

 

 L'avis :

 23€ à la caisse, pour un éloge de la gratuité, ça commence bien...

Bon, on est chez Dunod, éditeur de livres universitaires et autres manuels de qualité. C'est au moins l'occasion d'en lire un de bout en bout.

300 pages (hors annexes) de pur conte de fées industriel à l'américaine, deux simples étudiants partis de pas grand chose, à l'origine d'une entreprise colossale, dont les débuts se font conformément à la tradition...dans un garage, devenus multimilliardaires à 30 ans.

Bref, une histoire presque grisante devant tant de succès et d'audace. On a un peu l'impression de lire le script d'un reportage pour Capital, mais les 10 premiers chapitres sont des plus intéressants.

 Au delà, ça se gâte un peu. Une fois compris le "système Google",  ingénieuse pompe à dollars et appris qu'il est bon d'envisager l'impossible avec une saine désinvolture, l'heure est venue des considérations boursières, certes capitales (ah ah ah) mais assez lourdes. Le ballet des actions s'impose et on sent la bourse prendre le dessus, lentement mais surement de l'entreprise...comme du livre d'ailleurs.

 

Au final un livre très instructif qui changera totalement votre perception du famillier Google, dont l'apparente simplicité graphique masque en fait une extrême complexité, que le talent de ses fondateurs a permis de maîtriser, faisant de ce moteur un succès mondial.

 

18/04/2006

Du Nylon et des bombes

C'est Lu pour vous mais Belin l'édite et ça s'appelle "Du Nylon et des bombes - Du Pont de Nemours, le marché et l'état américain, 1900-1970" par Pap Ndiaye (2001) - 400p.

 Le "pitch" :

 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la modernité "made in America" a deux symboles, le Nylon et la bombe. Le premier est soyeux, brillant, léger, inusable. Il révolutionne les textiles, donne naissance aux plastiques, trame bientôt la mémoire collective du siècle. L'autre incarne la guerre froide et la course aux armements : le plutonium, principal composant des bombes atomiques, est le fruit d'une aventure scientifique et industrielle menée par de célèbres physiciens, des militaires et les ingénieurs de la firme américaine Du Pont de Nemours qui avaient auparavant inventé le nylon.

 

L'avis :  

Une histoire de l'industrie chimique américaine et surtout de l'ingénierie chimique, à travers l'histoire de la firme Du Pont de Nemours, à l'origine du Nylon - on l'aura compris - et de l'approvisionnement en matériaux fiscibles pour le projet Manhattan. C'est l'occasion "d'assister" en différé à la naissance d'un géant de l'industrie américaine...fondé par un Français (d'où le nom) mais également d'aborder le projet Manhattan sous un autre angle, entre magouilles politiques -pléonasme - et problèmes techniques.

Bref, passionnant, mais quelques longueurs tout de même : l'auteur est un universitaire et ça se ressent très tôt. Notes, renvois et détails d'intéret discutable alourdissent quelque peu la lecture.


 


 
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