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26/06/2007

RTT, Reportage tout terrain

Si les sténos se font rares, il reste encore quelques formules 1 du clavier à la rédaction, bien utiles lorsque quelque problème technique empêche les papiers laborieusement écrits de nos petites mains (généralement avec une dextérité "gendarmesque" limitée aux index) d'atteindre les pages du lendemain par les moyens de transmission traditionnels. Dans ces cas rares mais embarrassants, la solution porte le nom de "sténo". Il existe même un numéro vert permettant de joindre le service lorsque le portable est à cours de batterie ou la cabine à cours d'unités. Je pars donc en début de soirée sur un reportage de peu d'intéret mais suffisamment tardif pour exclure tout retour à la rédaction pour rédiger. Direction un immense chantier presque terminé sur lequel trône encore un véritable village d'Algecos. A deux pas, un cocktail se termine avant "le grand spectacle" pour lequel on m'a envoyé. 2300 signes a remplir pour seulement ça faut pas exagérer...il va falloir faire un peu mousser.

Aussitôt les interview des organisateurs, responsables et autres intervenants terminées, je m'écarte (non sans happer un petit four au passage) de la foule qui se dirige vers "l'évènement son et lumière" à la recherche d'un peu de lumière pour relire mes notes et faire un rapide "canevas" de l'article avant de dicter le tout à la sténo. L'heure tourne, il faut faire vite, j'appelle le service en espérant que ce sera assez long pour remplir l'espace excessif que l'on m'a attribué et suffisament court pour ne pas dépasser et avoir ensuite a faire des coupes à l'aveuglette.

 La "dictée" commence, adossé à mon algéco. Gare aux noms propres, que je dicte dans un alphabet phonétique improvisé "M de marseille, I comme...Yves euh non...Enfin, I quoi !"
A peine quelques phrases ont été écrites lorsque soudain, une forte détonation retentit. "Manquait plus que ça !" Il faut maintenant expliquer à mon interlocutrice perplexe qu'un feu d'artifice est tiré juste à côté et que je vais la rappeler car je ne peux pas m'en écarter sans me retrouver dans le noir. D'autant plus qu'il reste encore a peu près la moitié du papier à remplir, j'avais prévu vraiment court ! Quelques minutes passent que j'occupe a faire "mousser" mon papier ajoutant un angle laissé de côté par peur de faire trop long (!). Ca devrait passer. Profitant d'une accalmie, je rappelle la sténo. Quelques minutes après, le papier est enfin terminé, tout rentre !
D'ailleurs, le bouquet final vient de retentir dans mon dos...sans que j'aie vu quoi que ce soit du spectacle ni de mon papier, dicté à flux tendu et un peu à l'aveuglette mais au moins il n'y aura pas de coquilles...

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Le lieu du crime...

11/03/2007

Un fait divers anisé...

Il est presque 15h, j'ai rendez-vous avec un étudiant en école de management, de retour du 4L trophy, sorte de Paris-Dakar au Maroc (également organisé par Desertours) et en 4L. Après un premier papier sur l'équipage avant le départ, nous nous retrouvons sur le Vieux port pour une sorte de debriefing en vue d'écrire un deuxième article sur leur aventure. Deux heures passent, ainsi que deux "51". C'est sa tournée. Au moment de me lever, il s'avère que 2, c'est déjà bien trop quand on ne boit que du café. La banane et le pas léger, je m'apprête à rentrer, en espérant que la marche me fera cuver : il me reste encore un papier à terminer...

Soudain, j'aperçois une ambulance des marins-pompiers ainsi que le camion réa stationnés à quelques dizaines de mètres sur le quai. Un accident sur le chantier tout proche ? Autant se renseigner, ça fera toujours une brève...

J'approche de l'ambulance et constate que plusieurs véhicules de police sont également arrêtés. Finalement, c'est peut- être un peu plus qu'une brève. Sur le trottoir, un homme git au sol tandis que du sang - à priori le sien - s'écoule abondamment entre les pavés. Il est en vie et porte plusieurs plaies.

Supposant mon haleine encore anisée, je demande à bonne distance au policier penché dans l'une des voitures ce qui s'est passé. "Demandez à l'officier, je ne peux pas vous répondre". Je me lance alors à la recherche de l'officier...une charmante dame qui, aussitôt trouvée, m'invite à évacuer les lieux immédiatement, ce que feins de faire tout en apprenant par téléphone qu'aucun photographe n'est disponible a proximité. L'évacuation de la victime semblant imminente, il faut illustrer maintenant.

Je demande à la commerçante voisine qui semble avoir assisté à la scène, mais ne veut rien dire. "Demandez au monsieur là bas, il a tout vu. Mais à chaque fois vous aurez un version différente". La question au premier abord est pourtant simple. S'est-il fait tirer dessus ? Mais il me faudra 5 longues minutes et un pompier un peu bavard pour être éclairé (après m'être fait jeter une deuxième fois).

Par chance, j'ai mon compact. S'il n'est pas des plus fins, il a une immense qualité : un écran orientable, qui permet de cadrer à peu près ses photos sans regarder la scène directement, l'appareil au niveau de la ceinture. Suffisant pour ne pas être remarqué le temps de déclencher deux ou trois fois.

Le temps est des plus nuageux et pas question d'utiliser le flash. Ce qui me vaudra beaucoup de flous. 2,3,4 photos, je garde un doigt sur la LED orange que je n'ai pas eu le temps de désactiver et qui s'allume à chaque prise.

La 5e sera la dernière...

 

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Je suis - beaucoup plus cordialement cette fois - invité à ranger mon appareil et quitter les lieux par les secouristes. Mais ce coup-ci, c'est dans la boite et je rentre vite éditer en espérant trouver quelque chose d'un peu net...

Le résultat n'est pas bien fameux, mais il faut faire avec.

 

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09/03/2007

Rmr73, au coeur du tournage

En annonçant la veille "tous les secrets du tournage dans notre édition de demain", j'avais un peu vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

 Heureusement, la chasse s'est avérée plus facile que prévu.

Sans nouvelles de "Paris", je me suis donc rendu "à tatons" sur le tournage quelques minutes avant le bouclage du quartier, espérant trouver le directeur de la prod pour obtenir l'autorisation de reportage. "Il est par là", "Ah il peut-être encore à la cantine" etc...Mais il y a des centaines de personnes sur ce foutu plateau ! Tout le monde s'affaire à sa tâche, c'est une vraie fourmilière. En attendant l'arrivée de mon homme, j'interviewe un figurant "GIGN" histoire d'avoir un minimum à raconter en cas de refus de la prod et "d'évacuation" forcée du plateau.

Enfin, tout le monde arrive, attaché de presse compris...Et ils semblent de bonne humeur. Même l'arrivée de Patrice, le photographe, 80-200 à l'air ne les effraie pas !

 Ouf, on va pouvoir bosser tranquilement et sans se cacher. L'accueil va au delà de toutes nos espérances, puisque nous pouvons suivre au plus près le règlage des scènes et faire des photos à tout moment, même lorsque les cameras tournent ! Olivier Marchal, le réalisateur, semble quelque peu tendu voire rugueux...Mais en fait, il n'en est rien. 

"Accroché" pendant le changement de plateau, il me répond longuement. Me remerciant même d'être là. Et reviendra me parler malgré sa lourde tâche. Plutôt exceptionnel d'être si bien accueilli sur un tournage...n'est-ce pas Monsieur Besson ?..

 Daniel Auteuil a pris place dans le bus qu'il est sensé avoir détourné (scène d'ouverture du film). Vêtu très sobrement, il porte de larges lunettes teintées, une barbe plus que négligée ainsi que quelques cicatrices en maquillage (très appuyé). La courte scène mise en boite, il quitte le plateau et retourne se concentrer, aussi discrètement qu'il est arrivé. A la fin de la deuxième scène, il accepte de me parler de son rôle (même si je ne pourrai sans doute pas l'aborder dans le papier) , puis, de sa relation avec Marseille. 

"Oui, il est vraiment très cool, mais...tu marches sur des oeufs" tempère un membre de l'équipe de tournage.

Patrice, vient de faire la connaissance de Thomas, le photographe de plateau. Leica en bandoulière, il s'est assis sur une cale en bois a côté de la camera et"shoote" le plus discrètement possible la scène en train de se tourner avec des objectifs aux ouvertures impressionnantes. "Il faut se faire invisible pour ne pas gêner l'acteur pendant la scène et ne pas attirer son regard...". Pour amortir le bruit de son reflex, il l'a envoloppé dans son manteau.

"Coupez !" lance Olivier Marchal. Daniel Auteuil sort du bus, allume une cigarette puis se tourne vers Thomas. "Oooh, il a caché son petit appareil" lance-t-il taquin, tandis que le photographe, assis en contrebas arme son Leica et le cadre. "Tu m'en donneras quelques unes..."

Les cameras ont changé d'angle, le plateau est évacué.

1h du matin, l'équipe attaque la 4ème scène de la soirée. La nuit sera encore longue, mais à 6h, tout devra être tourné et le matériel rangé.

 

A défaut d'illustration ici, les photos de Patrice (de toute façon superbes) sont en ligne sur www.laprovence.com

07/03/2007

Olivier marchal en tournage sur le Vieux port

Deuxième nuit de tournage sur le Vieux-port pour Olivier Marchal et son prochain "Rmr73". Camions blindés siglés GIPN, bentleys au nom du SRPJ, grues, ballon gonflé à l'hélium et figurants en armes vont à nouveau reprendre du service jusqu'à l'aube sous la direction du réalisateur de 36 Quai des Orfèvres avec en tête d'affiche Daniel Auteuil.

Objectif de la soirée : caler et effectuer un reportage pour vendredi. Le papier est déjà en page et les colonnes béantes attendent d'être noircies. La tâche du photographe de permanence ce soir risque d'être ardue...surtout si je n'obtiens pas d'accord de la production, car la photo devra s'étendre sur 3 colonnes (largeur) et surtout, il fait nuit (et pleut même de temps à autre).

Rivé au téléphone, j'attends le retour de la prod avec, espérons-le, son feu vert. Mais quelque soit la couleur, il faudra y aller et boucler le papier.  

A suivre....

 

 

La Coupe d'Europe s'est envolée

Remportée par l'OM face au Milan AC en 1993 - une semaine à peine après le début de l'affare OM-VA - la réplique de la coupe d'Europe, conservée dans le salon du président du club a été dérobée (à nouveau diront les mauvaises langues...).

A l'instar du scooter volé au fils du ministre de l'intérieur, l'affaire mobiliserait pas moins de 4 enquêteurs (précisons que la coupe volée est une réplique sans valeur, sinon sentimentale).

 

Problème lorsque l'on n'a que peu d'éléments sur un évènement aussi important pour un journal local, comment assurer avec un gros papier ?

On aborde toutes les hypothèses. Ainsi, ce matin on découvre dans les pages sports que "un ou plusieurs individus" se sont introduit dans les locaux du club pour dérober la coupe. L'AFP quant à elle disserte sur la "configuration des anses" de la coupe d'Europe (dite "aux grandes oreilles").

Beaucoup de bruit, mais malheureusement peu d'éléments pour l'instant.

Cependant, grâce au nouveau site web et son système de brèves sur l'actualité locale, la Provence à pu "griller" l'AFP de justesse...sortant le "scoop" hier à 11h49...neuf minutes à peine avant l'agence. L'honneur est sauf !

03/02/2007

Légendes urbaines

Je pensais que c'était une légende.

Hier, 17h30, départ de Bougainville (terminus Metro) pour l'Alhambra, un cinéma plutôt sympa situé du côté de l'Estaque (16e arr., quartier au Nord-Ouest) où le centre social de la désormais célèbre cité de La Castellane organise une projection de courts-métrages "maison" pleins de bon sentiments, comme toujours.

A défaut de voiture dispo, le trajet se fait via les transports en commun, j'ai nommé la RTM. Sorti du metro, il me faut prendre la ligne 36 dont l'arrêt est tout proche de la station pour me diriger vers St Henri. Ce que je fais.

...Pour me rendre compte une dizaine de minutes - et d'arrêts - plus tard que le bus dans lequel je suis monté est en fait le 30. Lors du trajet retour, je cherche l'origine de ma confusion. "36" était bien affiché à l'arrière...Mais pas à l'avant. "Faut toujours vérifier le numéro à l'avant" m'explique la conductrice tout en essayant de fermer les portes arrières. "Vous pouvez tirer les portes et tourner le bouton au dessus s'il vous plait ? Je peux pas démarrer sinon", lance-t-elle aux passagers du fond après chaque arrêt.

18h30 : J'arrive enfin sur le reportage, une heure et 3 changements après mon départ. Par chance, rien n'a commencé et l'équipe d'europe 1 venue elle en voiture poireaute déjà.

[...]

20h00 : il est grand temps de rentrer sous peine de se retrouver une nouvelle fois coincé ici faute de bus pour regagner le centre ville. Marseille sera vraiment une grande ville le jour où ses transports en commun permettront de se déplacer correctement après 21h00. Descendu à l'aller dans une rue à sens unique, il me faut trouver un autre arrêt et espérer un retour de la cohérence dans l'affichage des bus.

 

Après 20 minutes d'attente le tant attendu "36" arrive enfin.

A l'intérieur, une quinzaine de "jeunes" surexcités, 15 ans tout au plus, hurlent et sautent dans tous les sens. Le chauffeur leur lance un regard noir dans le retroviseur et le calme s'installe aussitôt jusqu'à leur descente du bus - dont les portes arrière fonctionnent. "A cette heure-ci, c'est surtout des gamins qui rentrent du foot, mais visiblement, ils ne courent pas assez, explique le chauffeur sur la ligne 36 depuis 10 ans, mais ils sont pas méchants, c'est l'âge con, voilà tout..."

 

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