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30/04/2007

Ségolène Royal : retour en meeting

23 avril. Une dépêche de l'AFP confirme mes craintes. Ni Royal ni Sarkozy n'ont prévu de meeting à Marseille pour l'entre-deux tour. Pour les deux camps, bien que l'un des deux se trompe, ici la victoire semble acquise.

Si mes dernières images du candidat Ump ne datent que de quelques jours, celles de la candidate PS ont maintenant près d'un mois (voir l'album) et manquent sérieusement de fraîcheur. Seule solution, happer le meeting de Royal le plus proche, c'est à dire le lendemain à Montpellier, à 170 km du Vieux-port.

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24 avril. 17h. Arrivée en gare de Montpellier. 3 minutes d'arrêt, le temps de descendre, le boitier sur le dos. En face, sur la voie TGV, les envoyés spéciaux en provenance de Paris débarquent, trahis par la présence d'une sacoche vintage "Europe n°1" et quelques housses volumineuses. Je me joins au groupe et monte dans la navette affrétée par le PS pour se rendre au Zenith, une grande salle de spectacle informe et jaunâtre distante de quelques kilomètres de la gare, où se tiendra dans moins de deux heures le meeting de Ségolène Royal. Dans les bouchons, l'heure est aux plaisanteries entre les journalistes sur le contenu de la boite vocale de François Bayrou, plus que sollicitée depuis que le candidat centriste flirte avec les 20%.

medium_DSC_0071.JPGIl est presque 18h, j'enfile l'accréditation et pars reconnaître les lieux avant l'arrivée des premières "stars" de la soirée. Les codes couleur sur les larges badges n'ont pas changé. Jaune pour la presse, vert pour les organisateurs et rouge pour la sécurité. Dans les gradins, les militants se pressent, armés de pancartes, T-shirts et autres drapeaux auquels une équipe de TF1 s'intéresse tout particulièrement.

medium_DSC_0210.2.JPGDans la fosse, pas encore remplie mais presque exclusivement réservée au MJS (les "jeunes du parti"), le climat est déjà tropical. Peut-être une tentative pour séduire les verts, représentés ce soir par Daniel Cohn-Bendit. Un avant-poste pour la presse a été installé en retrait, mais tout le monde ou presque attend pour l'heure à l'extérieur, entre "l'entrée des artistes " et la salle de presse et ses buffets garnis de pruneaux dénoyautés... 

medium_DSC_0126.JPGSoudain, un essaim de cameras surmonté de perches s'approche. Daniel Cohn-Bendit est arrivé et se livre aux premières interviews de la soirée, annonçant sans surprise son soutien sans faille à Ségolène Royal. J'entame ma première carte mémoire et fraie un passage à mon objectif dans la mêlée médiatique pour figer "Dany le rouge" à la lumière du soleil sur le point de se coucher.

medium_DSC_0151.2.JPG18h35. Alors que l'élu vert gagne les loges du Zenith, une autre "vedette" du PS débarque. Le sulfureux Georges Frêche sera finalement présent. Le tout puissant président du conseil régional de Languedoc-Roussillon arrive à pieds, entouré de ses disciples aux mines patibulaires. Il précise son soutien à la candidate socialiste aux journalistes venus à sa rencontre. Mais soudain, les objectifs font volte-face et les cameramen se mettent à courir dans l'autre sens. La berline noire de Ségolène Royal est annoncée. 

medium_DSC_0218.JPGUn peloton de journalistes se forme a quelques mètres du véhicule. Royal s'approche, entourée de ses conseillers. Parmi eux, le marseillais Patrick Mennucci. Les gardes du corps du SPHP, dont on distingue le pin's doré à la boutonnière maintiennent l'écart entre la candidate et les journalistes. "Zut, elle est encore en blanc" grogne un photographe. C'est toujours mieux que le rouge sur fond rouge du meeting marseillais. Les miroirs des reflex claquent à plein régime. La candidate pose brièvement...le temps de me rendre compte que je suis sur-exp', elle s'engouffre dans les coulisses. argh ! Les images de son arrivée seront "brûlées".

19h00. La candidate se prépare dans les loges. Il faut trouver l'endroit où elle sortira. Direction le hall du Zenith. Les portes qui donnent à l'extérieur ont été fermées, faute de place à l'intérieur, des militants mécontents tapent violemment dessus. Ceux-là devront suivre le discours sur l'écran géant installé sur l'esplanade, devant la salle. Les escaliers d'accès aux gradins sont interdits par des barrières et la sécurité est très légère. Mais l'allée centrale est dégagée par les organisateurs. Pas de doute, elle va entrer par le fond. Je questionne un militant chargé de la sécurité. "Non non, elle a changé d'avis, elle va entrer de l'autre côté". Tu parles.

medium_DSC_0235.JPG19h15. Daniel Cohn Bendit commence son discours devant un public plus qu'enthousiaste. Dilemne. Si je fais la sortie des loges, dans la cohue, la sécurité va me bloquer et je manquerai les "retrouvailles" avec Dany. Peut-être l'image la plus importante du meeting. Mais je suis le seul à l'attendre derrière. C'est sans doute l'unique moment de la soirée où il n'y aura qu'un photographe face à elle, juste avant son entrée en scène. Autant en profiter. Si j'arrive a me placer juste derrière elle au moment ou elle traverse le public, il y a peut-être une belle image a faire. 

medium_DSC_0251.JPG19h30. Decidément, la soirée est organisée par quarts d'heure. La reine du PS sort enfin de son trou et par chance, j'ai choisi la bonne porte. Elle s'approche, je déclenche, puis suis happé par les hommes du SPHP qui me "tractent" à reculons par le sac mais me laissent dans le bon axe. Arrivé dans l'allée centrale, ballotté, tantôt tiré, tantôt repoussé par ses gardes du corps (il y aura du flou, c'est certain), me voilà comme voulu dans son dos pour quelques secondes, avant qu'elle soit "aspirée" dans la foule jusqu'à la scène. medium_segolene_dos.jpgIl fait très sombre, ça secoue beaucoup, le flash est indispensable, mais le confrère avait raison : sa foutue veste blanche répond très mal au flash. C'est pire qu'une combinaison de marin-pompier ! Comme redouté, me voilà maintenant nez à nez avec trois gorilles peu compréhensifs. Le temps qu'ils considèrent le gros badge que je leur agite sous le nez, Dany et Ségolène se sont croisés et la candidate a fait son entrée sur scène. Dommage, avec la sortie, ce sont les seules phases où ses gestes peuvent être un peu variés... Je me dépêche de rejoindre ma place en contrebas, l'organisation nous laisse tranquilles pendant les premières minutes de son discours. Autant en profiter, après il sera plus difficile de circuler à ses pieds. 

medium_DSC_0301.3.JPGLe discours commence. C'est la phase de croisière. 1h30 environ à guetter les moindres changements de posture, d'expressions faciales. Attendre qu'un bras se lève, ou plutôt deux. Elle a des mouvements très symétriques, tels un cours de comm' appliqué à la lettre. 1min30 et 40 photos après le début de son discours, le verdict est sans appel : depuis Marseille, il n'y a pas eu beaucoup de progrès. Royal est toujours aussi figée ou presque. Elle utilise un peu plus ses bras,mais les lève furtivement, par salves. Sans raisons apparentes, indépendamment du contenu de son discours. medium_DSC_0336.JPGLassé, je me tourne vers Jean-Louis Bianco, l'un des directeurs de campagne, visiblement satisfait. Derrière lui, l'actrice Julie Gayet semble elle aussi absorbée. Soudain, Najat Belkacem, la jeune et charmante porte-parole de Ségolène Royal m'interpelle. "Pourriez-vous me prendre avec Julie Gayet ?". Je l'inclus dans le cadre. Il est temps de retourner au sujet principal de la soirée. Je m'attarde sur ses jambes et ses souliers, blancs ce soir.

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Annoncé, Cali, le chanteur originaire du coin (parait-il) arrive enfin, bloqué dans les bouchons (parait-il). Royal est de nouveau agrippée à son pupitre. Comme a Marseille, des verres d'eau sont posés sous les micros, mais pour l'heure, seul Bayrou les utilise. "Si elle annonce son divorce avec Hollande, préviens-moi" plaisante un ami occupé par le meeting de Sarkozy à Rouen. Mais la dame a bien son alliance. Elle en a même une à chaque anulaire. 

medium_DSC_0326.JPGA nouveau ses deux mains se lèvent. Les boitiers rafalent "Trrraaaaa !" bruitera François Bayrou le lendemain en conférence de presse. Je change de côté. Curieusement cette fois, pas besoin de prendre son tour auprès d'une organisatrice pour passer de l'autre côté de la scène. Soudain, royal s'emporte, l'espace d'une seconde elle ne retient plus ses bras. Ses membres montent au dessus de sa tête, suivis par ses yeux et un large sourire ébahi. L'instant  n'aura duré qu'une fraction de seconde. Je n'en verrai malheureusement pas d'autres ce soir. Après ce bref instant de "folie", les centaines de gros plans sur son visage se ressembleront.

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